Chronobiologie et rythme : organiser son slashing sur mesure

L’orsqu’on évoque le cumul d’activités, la première réaction des interlocuteurs est d’interroger sur l’organisation : comment fait-on tenir en une journée une pluri-activité ? Comment hiérarchise-ton entre deux ou trois projets ? Comment garde-t-on la concentration, l’énergie et l’efficacité quand on passe du coq à l’âne ? Si cette question n’est en réalité pas celle qui préoccupe le plus les slasheurs (cf. le challenge de la légitimité), elle peut néanmoins se poser quand on se lance ou lors d’un changement d’équilibre dans sa multi-activité (démarrage d’une nouvelle mission, évolution de la charge de travail associée, etc.). Planifier, to-do lister est évidemment vital. Mais il est également important d’adapter son planning en fonction de son rythme d’énergie. Témoignages de slasheurs.

La chronobiologie : outil d’efficacité au travail

La chronobiologie est la science d’accorder ses activités en fonction de son rythme biologique : sommeil, digestion, heure de réveil, pics d’énergie…Connaître ses moments privilégiés d’efficacité ou de concentration optimum est une clef intéressante pour organiser ses journées quelle que soit l’activité. On conseille ainsi généralement de démarrer par des tâches demandant une grande concentration, de garder l’heure après le déjeuner pour le traitement des mails ou des questions administratives et profiter à nouveau du créneau 15h00-17h00 pour reprendre les activités à concentration. Pour un slasheur, comment cela se traduit-il ? Peut-on réserver des plages horaires en fonction de ses multiples activités ?

Rythme journalier, rythme hebdomadaire, rythme saisonnier

La première chose à connaître est sa chronobiologie journalière en fonction des spécificités de ses activités : il ne s’agit pas seulement de savoir si on est « du matin ou du soir » mais de savoir plus précisément le type de tâches que l’on réalise plus facilement le matin, le soir, le midi, l’après-midi…. Repérez dans vos activités les différentes dimensions et les différentes compétences attendues : concentration, créativité, sociabilité, production, réflexion, représentation, effort physique, précision, conviction, prise de contact… Ensuite, essayez de voir si certaines d’entre elles s’accordent mieux avec certains moments de votre journée.

« Clairement, je cale toute ma partie production le matin. Les jours où j’ai pas écrit avant midi n’avancent jamais bien : non seulement je trouve pas l’énergie après le déjeuner mais en plus je me traîne un stress toute la journée de pas l’avoir fait. »

Clara, journaliste/formatrice/ enseignante

« J’ai deux activités créatives mais je me suis rendue compte que je n’arrivais à créer des bijoux que le soir. Je crois qu’il y a un côté psychologique, pour moi web-designer est une activité plus « normale » et je l’exerce à des horaires normaux. Ou alors c’est parce que je me récompense le soir avec la création de bijoux. Quoiqu’il en soit, j’ai arrêté d’essayer de couper ma journée pile en deux, ça fonctionne pas. »

Joséphine, créatrice de bijoux/web designer

La répartition d’une pluri-activité peut également se faire en fonction de son rythme hebdomadaire et des contraintes propres à chacun au sein d’une semaine. Il s’agit alors de s’adapter non seulement au rythme de sa journée, mais d’étaler et d’optimiser son organisation du lundi ou vendredi :

« Pendant longtemps j’ai pensé que j’avais du mal à travailler le vendredi (perspective du week-end, fatigue de la semaine…). Mais récemment j’ai réalisé qu’à l’inverse j’avais souvent beaucoup d’idées, de réflexions qui venaient ce jour-là. Maintenant, ma to-do de comptable s’arrête le jeudi et je laisse le vendredi libre pour écrire des sketchs. Au lieu de me contraindre sans bien avancer le vendredi ou de prévoir des temps d’écriture en semaine où je n’arrive de toutes façons pas être créatif, j’ai cloisonné. »

Jeff, comptable/humoriste

« Le mercredi après-midi je m’occupe de mes enfants. Avant j’essayais d’avancer sur mes commandes en graphisme et du coup je passais la journée à la maison, sans voir aucun adulte. Maintenant j’ai décidé de réserver la matinée pour mes visites de chantier. Du coup cette journée-là est un mixte extérieur/intérieur qui fonctionne bien  »

Emily, architecte/graphiste

« Je dois prendre le train une fois par semaine pour donner des cours d’Aïkido dans un centre médical. C’est un des rares moments où je ne suis interrompu par personne (et où je me force à ne pas mettre le wi-fi). Du coup, c’est devenu mon créneau pour faire toutes mes présentation powerpoint sur lesquelles j’ai tendance à procrastiner le reste du temps. »

Fabien, consultant/prof d’Aïkido

Les semaines d’un slasheur peuvent donc être organisées en donnant une place à ses activités en fonction de dimensions biologiques (énergie), psychologiques (sentiment de culpabilité ou de satisfaction) ou organisationnelles (contrainte de lieu ou contrainte temporelle). Pour certains, le temps accordé à chaque activité ainsi que les créneaux peuvent varier en fonction des périodes de l’année. C’est le cas bien-sûr des professionnels saisonniers qui se consacrent à une activité sur une période donnée (touristique par exemple) et à une ou plusieurs autres le reste du temps. Mais c’est également le cas de certains slasheurs qui ont noté une sorte de rythme idéal sur l’année :

« J’ai des périodes où j’ai envie de me lancer dans de nombreux projets. Avec le temps j’ai remarqué que j’avais un pic en avril et un autre en septembre où je sais que c’est le moment de rencontrer le plus d’interlocuteurs, et de me construire une to-do list chargée par ce que j’ai toujours beaucoup d’énergie. Ça fait deux trois ans que je constate qu’à l’inverse j’ai plus de mal entre janvier et mars : pendant l’hiver je m’en tiens à mes activités de « base » en attendant que l’envie de lancer d’autres projets revienne. »

Charlotte, traductrice/guide/start-upeuse dans le tourisme

La question de la chronobiologie et du rythme propre à chacun n’a de sens que pour ceux qui peuvent mener leur pluri-activité de manière totalement indépendante. Si vous faites partie des slasheurs qui cumulent avec une activité salariée, il est évident que vous ne pourrez pas suivre votre propre rythme et serez contraints, au moins une partie de vos journées, par vos horaires de bureaux. Mais si vous pratiquez deux ou plusieurs activités en toute liberté, commencez à analyser votre manière de travailler, à repérer vos fenêtres d’efficacité, de créativité, de ralentissements…Vous pourrez ainsi construire une régularité de travail sur-mesure et optimum.

 

Post Author: La rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *