Travailler la nuit : une bonne mauvaise idée ?

Le temps de travail d’un slasheur est rarement dans les clous des 35h/RTT/jours fériés. Non seulement l’activité déborde souvent sur le week-end mais pour un certain nombre de pluri-actifs, ça déborde sur la nuit. Alors est-ce une bonne idée d’occuper le créneau 21h00-3h00 ? Le point sur une question qui intéressera les oiseaux de nuit…

Presque une deuxième semaine

Soyons réaliste : cumuler plusieurs activités implique souvent un rallongement des horaires. Les pluri-actifs ont ainsi souvent besoin d’étirer leur semaine de travail sur le week-end et sur la nuit. Comme ils sont nombreux à pratiquer des activités qui ne demandent que la présence d’un cerveau et d’un outil digital, nuit ou jour importe peu. Et de fait, pour ceux qui entament leur deuxième activité à 21h00 et la tiennent jusqu’à 3h00 ou 4h00, une deuxième semaine de travail s’ouvre à eux…

Un temps de focus incomparable

En dehors de l’ouverture d’une nouvelle fenêtre temporelle permettant de caser plus d’activités, la nuit est aussi un moment particulièrement propice à la concentration : moins de bruit, moins de distraction et, pour les slasheurs qui ont un autre employeur/client dans la journée, une liberté d’esprit. Le « temps de travail disponible » la nuit serait ainsi beaucoup plus rentable que celui du jour :

« La journée il peut y avoir un texto du bureau, si le téléphone sonne je me dis toujours que ça peut être un client. 1 ou 2 heures la nuit, c’est l’équivalent de 4h la journée. » Armance

Pour ceux qui exercent une seconde activité « passion », ce moment de travail nocturne peut même ne pas s’apparenter à du travail. Le créneau « nuit » pourrait ainsi être le moment idéal du « flow », concept de psychologie positive développé par Mihaly Csikzentmihaliy : un état de concentration euphorique, au cours duquel les gestes et raisonnements s’enchainent avec fluidité, diminuant la sensation de pénibilité et amenant à un sentiment de grande sérénité. Travailler la nuit permettrait d’étendre son temps de travail, d’être plus efficace et d’être dans une forme d’engagement total et gratifiant vis-à-vis de son activité.

L’impact sur la santé

Les rapports rendus sur les risques pour la santé du travail de nuit sont pourtant alarmants. Pour les  3,5 millions de personne qui travaillent entre 21h00 et 6h00 du matin les risques d’obésité, de cancer, de troubles psychiques… sont accrus. Ces études sont menées auprès de professionnels travaillant uniquement la nuit (infirmiers, gardiens…) : le principal facteur en cause semble être celui de la « désynchronisation » entre les rythmes jour/nuit.

Le slasheur, lui, ne se désynchronise pas, il est tout à fait éveillé le jour, c’est juste qu’il est aussi éveillé la nuit. Les principaux risques encourus sont donc plutôt ceux « classiques » d’un manque de sommeil. A ne pas prendre à la légère cependant : la privation chronique de sommeil (moins de 6 heures par nuit de façon régulière) a des effets non négligeables sur le diabète et favorise la prise de poids. Quelques jours de privation suffisent pour entraîner des changements apparentés au vieillissement accéléré dans l’organisme. Donc, si vous devez travailler après 21h00 :

  • Débrouillez-vous pour ne pas tomber en dessous des 6 heures de sommeil par nuit
  • Conservez toujours la même heure de lever le matin
  • Travaillez sur des tâches qui vous plaisent et qui demandent un focus particulier (c’est le moment de créer, penser, visionner plutôt que de faire sa compta)

De la veillée tardive au miracle morning

Déborder sur la nuit ne convient pas à tout le monde car nous ne sommes pas tous égaux face aux rythmes chronobiologiques. Selon une enquête menée par l’INPES, « les femmes se disent plus souvent « du matin » (48 %) que les hommes (41 %) et les moins de 30 ans plus souvent « du soir » (57 %) que les plus de 40 ans (38 %). » Certains seront donc plus en phase avec leur « flow » en s’y mettant à 5 ou 6h du matin. Plus rien d’étrange à travailler au petit jour : grâce à la déferlante « miracle morning », avancer son réveil d’une heure et demie est même devenu très hype. Cela dit, matin ou soir, les besoins fondamentaux en sommeil restent les mêmes : garder une régularité d’heure de réveil et dormir au moins 6 heures par nuit quoiqu’il arrive. Enfin et surtout, ces aménagements de rythme n’ont de sens que s’ils vous laissent des créneaux de liberté et de pause. Autrement, on perd un peu de vue le bonheur de slasher…

 

Post Author: La rédaction

2 thoughts on “Travailler la nuit : une bonne mauvaise idée ?

    Sosobio

    (09/11/2017 - 12:28 )

    Bonjour,
    Je ne suis (pas encore !) une slasheuse mais je suis fan du Miracle Morning quand ma fille ne se réveille pas juste après moi… Je trouve que c’est vraiment un moment où tout semble possible, ouvert, neuf… Et j’aime beaucoup le fait de me dire qu’à 7h, tout ce qui est important pour moi, qui me nourrit le plus (yoga, journal intime) est FAIT !!! Je commence la journée de bien meilleure humeur. Par contre, travailler après 21h est (depuis toujours !) très difficile, voire impossible pour moi !!!!

      La rédaction

      (09/11/2017 - 6:57 )

      Bientôt slasheuse alors ?

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