« Profession slasheur » : un livre sur et pour les slasheurs

Enfin un livre sur et, pour les slasheurs. Le livre qu’on attendait et qu’on aurait aimé écrire : Marielle Barbe l’a fait. Sorti il y 15 jours aux Editions Marabout, « Profession slasheur » part du « coming out » de l’auteur pour aboutir à 308 pages d’analyses, de conseils et de témoignages. On a aimé !

« Cumuler les jobs, un métier d’avenir »

Le sous-titre de l’ouvrage de Marielle Barbe résume bien son angle : le slashing n’est pas un micro-phénomène isolé, syndrome de travailleurs subissant la précarité d’une société en crise, c’est une tendance de fond, correspondant aux aspirations de professionnels à la curiosité insatiable mais aussi aux besoins des entreprises qui feront demain de plus en plus appel à la multipotentialité.

« Je suis convaincue que les « multipotentiels pluriactifs » sont les acteurs majeurs d’une révolution silencieuse irréversible qui transforme en profondeur notre relation au travail, repose la question du statut, de l’identité, du sens, et fait éclore des solutions pour le monde de demain »

Ne pas chercher à rentrer dans la norme

Les slasheurs apprécieront le joli paradoxe du sous-titre : cumuler est en soi un « métier ». Ca y est, on en a enfin un. Enfin plutôt non, car dans la description de son parcours en début de livre, Marielle Barbe insiste sur les difficultés qu’amène cette idée de « métier » au singulier. Pour slasher heureux, il faut donc accepter de ne pas en « avoir » un, de métier.

« Nous abordons notre relation au travail comme celle que nous entretenons avec l’amour. Avec la même pression depuis l’enfance, cette injonction latente mais omniprésente de trouver LE grand amour et LE métier de nos rêves. »

L’injonction à « trouver sa voie » que dénonce Emilie Wapnick ou celle de trouver sa « mission de vie » qu’interroge Marine Goubault sont ici aussi pointées du doigt par l’auteur comme une norme culpabilisante pour ceux qui naviguent de port en port. Parmi les réponses possibles au redouté « Et toi tu fais quoi dans la vie ?« , Marielle Barbe a ainsi choisi l’option assumée et audacieuse :

« Je suis slasheuse ».

Profils de qualité, défis internes

Tout au long du livre, on découvre que les slasheurs sont des professionnels « zèbres » dont la pluralité apporte une forte valeur ajoutée. S’il n’existe pas de profil type, certaines capacités semblent partagées par ceux qui cumulent plusieurs activités : ils apprennent et travaillent vite, ont une grande capacité de synthèse et ont des intuitions fulgurantes. La passion qu’ils mettent dans leurs projets est un moteur puissant qui fait d’eux des professionnels souvent épanouis. Pas question pour autant d’idéaliser la vie de slasheur dont les défis sont évoqués dans le livre (dont la fameuse gestion du temps ou la procrastination). Marielle Barbe vient confirmer que le principal challenge reste interne, les slasheurs devant lutter contre des accès de sentiments d’illégitimité ou de « syndrôme de l’imposteur ».

« Ma plus grande bataille, je l’ai menée contre mes jugements intérieurs. Celui de ne pas être légitime, d’être une usurpatrice et de ne pas aller au bout des choses… »

Témoignages, tests, conseils : un livre pratico-pratique

« Profession slasheur » n’est pas qu’un livre de description et de réflexion sur le phénomène. En plus du témoignage, très riche, de l’auteur, on trouve celui de 21 slasheurs qui décrivent leurs parcours et délivrent de précieux conseils. Le tout est ponctué de petits tests ou outils de développement personnel dont les slasheurs se réjouiront qu’ils soient enfin adaptés à la pluri-activité. Un livre à s’offrir d’urgence ou à offrir à Noël au tonton récalcitrant avant qu’il nous demande à nouveau « quand on aura un travail ? »…

 

Post Author: La rédaction

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