Les slasheurs connaissent-ils la déprime de la rentrée ?


Ca y est c’est la rentrée. Les enfants ont repris le chemin de l’école et les salariés ont retrouvé leur bureau, leurs collègues, leur patron. Or, pour de nombreux slasheurs, rien de tout cela en septembre (ceux qui travaillent sans lieu fixe, en solo, sans contrainte extérieure). La transition vacances/activité est-elle alors plus douce ? Les slasheurs indépendants échappent-ils à la déprime de la rentrée ?

Mort dans l’âme versus boule au ventre

Certes, la plupart des slasheurs n’ont pas à « retourner », en trainant des pieds, « au travail ». Souvent assez autonomes dans leur activité, rien ne les oblige à connaître l’horreur du premier bruit de réveil tôt le matin après des jours ensoleillés de congés. Pour nombre d’entre eux, ils pourraient même décider de plutôt reprendre demain. Ils « pourraient ». Voilà le piège qui attend les indépendants en cette rentrée : un manque de contrainte qui, après quelques jours ou semaines de pause, peut être particulièrement anxiogène. Car au passage, deux éléments essentiels de motivation du travailleur autonome ont été perdu : le rythme et la foi.

Reprendre le rythme

Tous les slasheurs n’ont pas pris de « vrais » congés estivaux. Pour beaucoup, cet été a plutôt ressemblé à une période de tra-vances. Reste que le rythme et l’organisation ont été largement chamboulés en août (ne serait-ce que parce que les clients, eux, partent). Or, la régularité est un moteur de motivation puissant. Plus les journées sont « timées », plus les créneaux sont réguliers, plus l’on est efficace au travail. Cela est d’autant plus vrai pour les travailleurs pluri-actifs qui doivent caser des activités parfois très différentes dans une journée. Pas facile donc de se remettre au travail quand le moteur a été arrêté. Si la rentrée s’accompagne d’anxiété, le mieux est de « tenir » une semaine sans trop réfléchir : dès la semaine suivante, une nouvelle régularité sera mise en place et l’énergie à déclencher chaque matin sera économisée.

Regagner la foi

Un autre effet de la pause estivale peut être la perte de la « foi » en son activité et en son mode de vie professionnel. Alors qu’au quotidien le slasheur a su progressivement expliquer à son entourage ce qu’il « fait dans la vie », voire s’entourer de travailleurs ayant une identité professionnelle identique, il s’est probablement retrouvé pendant l’été confronté aux airs dubitatifs de certains amis, cousins, grands-parents, etc. Les vacances en famille, notamment avec les ainés, sont ainsi l’occasion de re-découvrir une vision du travail mono-salarial, ne comprenant que les termes CDI et RTT. Et les questions inquiètes (mais ta retraite ? mais ton loyer ? mais demain ?) peuvent finir par insuffler le doute au plus valeureux néo-worker.

« J’ai passé 15 jours avec des amis qui bossent dans des grands groupes et une semaine chez mes parents, fonctionnaires à la retraite. J’ai du expliquer mon « boulot » une quinzaine de fois. Quand j’ai ouvert mon ordi dans le train du retour, impossible de me concentrer : je savais plus si, en fait, j’avais un travail. » Louna

La rentrée de septembre peut alors être un moment fragilisant : c’est le moment de refaire le point sur sa vision court-terme/long-terme et de s’entourer rapidement réellement (co-workers) ou virtuellement (blog, réseaux sociaux) de slasheurs.

Une fois le rythme repris et les doutes chassés, la motivation devrait revenir et l’anxiété se tasser. Rien n’empêche ensuite le slasheur de déprimer, s’il le souhaite, parce que le ciel est gris et que le froid revient…

Post Author: La rédaction

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