Comment gérer ses tra-vances ?

Travailler pendant les « vacances » ? Antinomique ? Non, pour de nombreux travailleurs indépendants qui emmènent leur charge d’activité sur le lieu et leur temps de vacances (rejoindre un conjoint, voir ses enfants, prendre le soleil…). Pour les slasheurs qui cumulent plusieurs emplois, la probabilité de tra-vances est forte (rapport au fait que la multiplicité des interlocuteurs, demandes, missions, réduit la fenêtre pour de vraies vacances. Le point sur la manière de bien gérer ces trav-ances…

Prévoir, définir, prévenir

Vous avez pris votre portable d’un côté et votre crème solaire de l’autre ? L’intention est bonne mais vous risquez de ne pas profiter pleinement de chacune de ces activités si vous n’avez pas prévu, prévenu et défini.

« La première fois que je suis partie rejoindre ma famille, j’étais tellement contente de changer d’air que j’ai rien fait les premiers jours. Couché/levé tard, déjeuners à rallonge, apéro à 18h00. Le quatrième jour la panique est montée, il me restait deux jours pour livrer trois commandes. », Lisa.

Pour éviter de se laisser happer par les vacances ambiantes, il est nécessaire d’avoir prévu, en amont, la charge de travail. Anticiper sur le volume d’activité permettra de définir un volume horaire et un rythme auquel on tentera de tenir une fois sur place.

Si vous partez rejoindre votre entourage, il est absolument essentiel de prévenir. Vous ne les rejoignez pas en vacances. Vous venez travailler. A distance. Avec eux à côté. Si besoin n’hésitez pas à transmettre votre planning : vous travaillerez les matins puis l’après-midi jusqu’à 16h00, vous serez là pour vous occuper des enfants à l’heure du déjeuner et à l’heure du bain mais vous serez aux abonnés absents le reste du temps, ou vous serez matinal (7h00-11h00) pour profiter de la journée mais du coup vous vous coucherez tôt. Prévenir est essentiel pour ne pas frustrer votre entourage ni de votre côté leur tenir rancœur :

« C’est pire que procrastiner toute seule, parce que là il y a les autres qui poussent au crime. Et en plus de s’en vouloir à soi-même, on leur en veut. »

Dernier point (qui vaut en fait pour TOUT LE MONDE) : attention à ne pas faire du zèle néo-technologique en consultant sans cesse vos mails sous prétexte que vous travaillez à distance. Cette maladie est le signe d’une mauvaise définition de votre « zone de travail ». Vous n’êtes pas a priori chirurgien du cœur attendant l’arrivée d’une greffe pour sauver la vie d’un enfant : une fois votre heure d’arrêt d’activité définie, il n’existe aucune demande valable qui ne pourrait attendre le lendemain pour être traitée.

« T’es encore en vacances ? », en finir avec la culpabilité

Si vous partez régulièrement en trav-ances, en suivant le rythme des vacances scolaires de vos enfants par exemple, vous risquez de vous frotter à l’incrédulité voire à l’exaspération de votre entourage, (surtout s’ils exercent leur activité dans un cadre salarié très contraint). Comme pour les autres formes de gestion de votre temps, notamment de votre temps libre, il est nécessaire que vous ayez vous-même conscience de votre volume horaire pour pouvoir sensibiliser votre entourage aux spécificités de vos activités. Deux cas de figure peuvent se présenter lors de vos trav-ances :

  1. La demande des clients fait que vous devez travailler autant, voire plus que d’habitude. Dans ce cas vous risquez de revenir de ces « vacances » plus fatigué qu’avant. Certes vous pouvez profiter du lieu ou de votre entourage au moment de votre pause déjeuner ou en fin de journée. Ou pas. Quand on a la tête sous l’eau, il n’est pas toujours facile de tirer bénéfice du climat de détente ou des membres de sa famille qui vous attendent au tournant pour « passer du temps » avec vous. Si en plus de cela vous n’avez pas bien prévenu l’entourage, prévu la situation et défini votre rythme de travail, il est fort probable que la situation débouche sur des tensions avec votre environnement. Pas le temps ni l’occasion de culpabiliser dans ce cas : vous avez clairement compris que vous n’étiez pas DU TOUT en vacances.

 

  1. Vos actions et tâches à accomplir sont largement moins nombreuses et vous pouvez vous octroyer de vraies pauses voire des moments entiers de non activité. Si vous avez réussi à bien circonscrire vos moments de travail et à ne pas laisser vos tâches s’effiler tout au long de la journée, il est probable que vous profitiez réellement de ces vacances, aussi partielles soient-elles. Vous culpabilisez ? Quid de ces salariés qui préfèrent travailler au moment des fêtes parce qu’ « il y a personne au bureau » et qu’ « on peut faire du Facebook tranquille » ? Certes vous avez vu la mer, reniflé l’odeur des pains ou vu le spectacle de magie de votre enfant, mais il faut bien des avantages compensatoires à l’insécurité financière, au stress de l’autonomie, à la solitude des déjeuners, non ? (En plus l’odeur des pins vous a inspiré une nouvelle proposition pour votre activité C…)

Le droit à « travailler tranquille »

Travailler pendant ses vacances semble aller de pair avec de nouveaux modes de travail dont la liberté s’accompagne souvent d’une frontière plus floue entre sphère professionnelle et sphère privée. Aucune raison de vous en priver si vous en tirez des avantages secondaires. Attention cependant à ne pas vous les imposer : il est parfois préférable de trouver une solution de garde pour ses enfants (comme tout salarié est contraint de le faire) et de s’octroyer le « droit » de « travailler tranquille » plutôt que de s’épuiser à vouloir être partout à la fois et imposer son stress à l’entourage. Attention surtout à bien identifier qu’il s’agit de vacances partielles et à ne pas sous-estimer votre besoin, de temps en temps, de vacances REELLES.

Post Author: La rédaction

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