LinkedIn slasheurs : le casse-tête de la pluri-activité

Vous avez bien lu votre presse spécialisée, assisté sagement à un atelier LinkedIn ou vu un tuto « bien se vendre en ligne ». Vous savez qu’il est nécessaire de soigner son profil 2.0. Oui mais voilà, vous vous êtes confronté à un léger hic : le template LinkedIn n’est pas tout à fait prévu pour la pluri-activité.

Parler de « quoi » en ligne ?

Le premier problème du slasheur est de savoir comment se présenter (l’angoisse du « tu fais quoi dans la vie? », on en parle .). Savoir s’il faut parler d’une activité « vitrine » en n’évoquant pas les autres ou s’il faut au contraire afficher sa palette d’activités pose déjà question au moment d’imprimer sa carte de visite. Quand on passe à l’étape 2.0 ça se corse : les termes choisis sont visibles 24h/24h et ouverts à tout public (et donc à tout client ou recruteur potentiel). Deux cas de figure sont alors possibles : vous avez intérêt à segmenter ou vous avez intérêt à synergiser.

  • Quand il vaut mieux segmenter

Vous cumulez un poste de salarié à une activité « extra » (culture, sport, création…) de manière indépendante. Votre prochain recruteur dans le secteur automobile a-t-il envie de savoir que vous créez des tapis de souris bio ? Vos clients bio sont-ils séduits par votre poste d’ingénieur conception mécanique ? A vous de voir mais dans ce cas précis, on conseillera de réserver votre profil LinkedIn à l’activité « première » (poste de salarié, secteur dans lequel vous pourrez évoluer) et de consacrer à l’activité seconde un site dédié (avec une page LinkedIn d’entreprise éventuellement). Votre pluri-activité est assez simple à gérer en ligne : votre nom est associé à votre domaine d’expertise, le nom de votre petite entreprise à votre marque. Si votre situation évolue et que votre création de tapis de souris bio décolle, il sera toujours temps d’y associer votre propre nom.

  • Quand il vaut mieux synergiser

Vous travaillez dans des secteurs aux frontières floues et, de fait, vous en cumulez plusieurs. Vous n’avez pas de marque d’entreprise à proprement parler puisque vous ne vendez pas d’autre produit que vous-même. Impossible donc de créer plusieurs profils 2.0 pour couvrir chacune des activités. Difficile également de ne mettre qu’une seule activité en avant, cela risque d’amener de la confusion chez vos interlocuteurs (« tiens, je croyais qu’il était chasseur d’appartement… »). Il ne vous reste plus qu’à présenter l’ensemble : exercice de haute voltige.

Template LinkedIn : une vision tempo-pyramidale

La tâche est d’autant moins aisée que le principal réseau professionnel utilisé en France propose un template assez fermé, qui ne laisse pas vraiment la possibilité de flexibiliser la présentation. La hiérarchie par date coince le slasheur dans une verticalité qui va par définition à l’encontre de sa situation de cumul, au même moment, d’activités diverses. Si le slasheur veut vraiment présenter chaque activité, il va ainsi tricher sur les dates et créer, de fait, une hiérarchie. « Veuillez saisir une date de début » témoigne d’une vision du travail associée à une linéarité de carrière dans laquelle le slasheur a du mal à se retrouver.

Une vision entreprise

Autre obstacle de taille : la vision « entreprise ». Pourtant le nombre d’indépendants inscrits sur LinkedIn est gigantesque, cette population de professionnels s’appuyant fortement sur le réseau pour trouver leur clientèle. Le premier intitulé de fonction tous pays confondus est ainsi « entrepreneur », et une kyrielle d’intitulés de fonction ayant trait à l’entrepreunariat y sont présents : « fondateur », « distributeur indépendant », « consultant indépendant ».* Le rubriquage pour remplir le profil reste pourtant très orienté et permet peu de fantaisie. «Veuillez saisir un nom d’entreprise » vient là encore coincer le slasheur dont l’activité ou l’une des activités est indépendante, sans nom de marque.

Rentabiliser le chapeau

En attendant que LinkedIn adapte son template à des profils plus fluctuants, la solution est de rentabiliser au maximum le chapeau introductif. L’occasion d’indiquer sous son nom ses deux ou trois activités en slash et de présenter, dans le désordre que l’on veut, ses activités dans le résumé. Autre possibilité, s’appuyer sur la rubrique « projets ». Toujours une organisation verticale de votre page, mais au moins pas d’obligation d’indiquer une temporalité stricte ni de nom d’entreprise. Et si vous avez trouvé la recette idéale, envoyez nous vos reco ou une belle capture d’écran : on est preneurs !

 

* source :  http://www.ey.com/Publication/vwLUAssets/EY-revolution-des-metiers/$FILE/EY-revolution-des-metiers.pdf

Post Author: La rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *