Charles, 35 ans

Degré de slashing ?

Actuellement je suis en transition, avec une formation en vue, mais auparavant j’ai cumulé pas mal : j’avais crée une agence littéraire, je dirigeais une collection littéraire chez un éditeur, j’étais journaliste salarié, et j’écrivais un livre. Ca fait 4

Où, quand, avec qui ?

Pas de répartition régulière du temps en fonction des activités…C’est pas du tout rationalisé.  Avec le recul, je dirais une tâche après l’autre, mais dans les faits, c’est un joyeux mélange, comme les gens, dont je fais partie, qui lisent plusieurs livres en même temps.

Que peut-on lire sur ta carte de visite ?

Aujourd’hui, je n’ai pas de carte de visite, ce qui simplifie l’équation. A l’époque, j’en avais trois (une d’éditeur, une de créateur d’agence littéraire,  une de journaliste) et je distribuais l’une ou l’autre en fonction des interlocuteurs…

J’aime pas les cartes de visite. Si je suis slasher, c’est aussi sans doute parce que je fuis comme la peste tout ce qui est assignation identitaire… J’ai toujours souffert d’être réduit à quelque chose, un trait de caractère, un métier, etc.

Choisi ou subi ?

Résolument choisi. Dés que j’ai commencé à avoir un travail, dès mon premier travail, j’ai ressenti le besoin d’avoir d’autres activités à côté. Plusieurs raisons à cela :  le désir de ne pas mettre tous mes œufs dans le même panier  ; une forme de curiosité qui fait que je ne peux me contenter d’une seule chose ; le pressentiment que j’aurais vite fait le tour de mon job, et qu’il faut préparer la suite ; éviter l’ennui ; stimuler

Maintenant que tu y penses, tu as toujours cumulé ?

Oui j’ai toujours cumulé.

Ton hygiène de vie professionnelle… rite ? rythme ? Sport ?

Je travaille beaucoup, et vite. Beaucoup de sport. Pour le reste, c’est variable, en fonction de la masse de travail. 

La question qui te fâche ?

Elle ne me fâche pas, mais je la redoute : « qu’est-ce que tu fais dans la vie ? »

Le plus grand plaisir dans ta situation ?

La liberté, la variété des tâches, le sentiment de ne pas être enfermé dans une identité, la possession de son temps qui est le luxe suprême, la possibilité de faire ce qu’on aime, même si c’est peu rémunérateur, grâce à quelques tâches qu’on aime moins mais qui financent nos passions, etc.

Quand as-tu entendu parlé du mot slasheur ?

Très récemment, par une cousine qui m’a parlé de ce site.

Si je te donnais une baguette magique … 

Les démarches administratives (impôts, sécu sociale, etc. ) ; c’est un truc qui m’angoisse et que je ne  comprends pas

Un conseil de survie…

S’assurer ses arrières financiers en trouvant une activité régulière qui assure un revenu pérenne, même si c’est en exerçant un travail qui ne soit pas vraiment une passion. Le fait d’être ainsi assurer de ses arrières permet d’être plus serein

On finit sur une image … 

Ce serait une rose qui arrive à pousser au milieu  d’un roncier : au début, c’est touffu, emmêlé, plein de mauvaises herbes, mais de ce chaos, à force d’effort, de persévérance, pousse une belle fleur rouge et parfumée…. le slashing n’est pas  le chemin le plus facile, mais je crois, j’espère que c’est cette forme de travail qui me permet, me permettra d’exprimer le mieux ce que je porte en moi.

Post Author: La rédaction

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