« T’es aux 35 heures ? » Best of des questions préférées des slasheurs

Au quotidien, le slasheur est normalement à peu près au clair avec sa pluri-activité. Il sait ce qu’il fait de sa journée, pour qui il le fait et comment il s’y prend pour le faire. Pourtant la rencontre avec l’extérieur et les questions de politesse qui l’accompagnent peuvent lui faire perdre toutes ses certitudes. Best of des questions préférées des slasheurs.

Question gagnante du concours de la question la plus déstabilisante : « Et, toi tu fais quoi ? »

Cette question que le slasheur peut rencontrer en soirée, lors d’une réunion de famille ou en parlant avec son boulanger est LA question qui effraie les slasheurs. Elle est tellement problématique pour les pluri-actifs et incarne la rupture avec le néo-travail si parfaitement qu’elle fait l’objet d’un article à part entière, .

T’es au 35 heures ? T’as des RTT ? T’as combien de semaines de vacances ?

Toutes ces questions ayant trait à l’organisation mono-salariale sont du chinois pour la plupart des slasheurs qui ont rarement une vision très nette de leur charge et de leur volume de travail. Leur visibilité sur d’éventuelles vacances est rarement meilleure.

Tu gagnes combien ?

A moins d’exercer une pluri-activité 100 % salariale (cumul de deux temps partiel par exemple), l’appréciation de l’équivalent d’un salaire mensuel est souvent difficile à évaluer. Ce n’est pas que le slasheur ne veut pas répondre à cette question, c’est qu’il ne sait réellement pas. Et qu’il aimerait bien savoir, d’ailleurs, maintenant qu’on lui demande.

Tu vis de ça ? C’est un métier ça ?

Tous les slasheurs n’ont pas le droit à cette question. Mais pour certains, ceux qui ont créé et inventé leur propre emploi, les digital native mais pas que, les interrogations sur le fait que leur activité puisse être considérée comme un métier est fréquente. Slasheurs ou pas, l’interrogation est d’ailleurs partagée par de nombreux free-lances comme le constate Gaspard Koenig, président du Think Tank Génération Libre, dans sa tribune appelant à embrasser une vie sans salariat : « Il est vrai qu’il faut encore affronter un regard social au pire méprisant, au mieux compatissant : l’employé des douanes qui devient suspicieux quand vous bafouillez pour définir votre profession, le voisin de table qui vous demande ce que vous faites « en vrai », la maîtresse d’école qui, vous voyant accompagner vos enfants à l’école tous les matins, vous a définitivement rangé dans la catégorie des losers. Sans surprise, seuls 26% des freelances pensent que leur entourage comprend leur metier. »

Tu travailles où ?

A priori au moins à deux endroits. S’il s’agit de « nouveaux métiers », potentiellement un peu partout.

Mais tu travailles pas ?

Un parent devant l’école à 15h00, un voisin dans un café à 11h00, le coursier à midi. Face à un slasheur vivant son activité et son rythme de manière totalement indépendante, l’incrédulité de l’entourage social peut être élevée.

La plupart de ces questions sont posées dans le cadre d’un échange social de simple politesse, inutile de se torturer des heures. Pour être à l’aise, vous pouvez vous entraîner à résumer votre storytelling en une phrase qui fera l’affaire en toute occasion. Et si vous sentez une volonté de nuire ou une certaine perfidie derrière la question de votre interlocuteur, vous pouvez à votre tour sortir l’arme fatale qui plongerait dans le doute tout travailleur mono-salarial évoquant son activité : « Et ça te plait ? »

Post Author: La rédaction

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