C’est quoi ton travail papa ?

Pas toujours facile de répondre aux questions ayant trait à son travail quand on est pluri-actif. Des efforts de communication semblent même être nécessaires auprès du conjoint pour s’assurer que le moins de flou possible persiste sur l’organisation et la situation financière. Et les enfants dans tout ça ? Quand on est ni pompier, ni astronaute ni maîtresse d’école, comment leur parler de notre activité ?

Réfléchir à la valeur du « travail »

Se confronter au regard de ses enfants est une bonne occasion pour :

  • s’exercer au story telling
  • s’interroger sur ce que l’on met derrière la notion de travail. Selon sa situation propre les notions d’argent (salaire), de temps, de plaisir pourront ainsi être abordées.

Une bonne occasion, surtout face à un enfant déjà entré dans le cycle de l’école obligatoire, de remettre en perspective le rôle de l’école et des apprentissages. Bien travailler à l’école ou bien faire ses devoirs n’est pas fait pour trouver un travail, du moins pas uniquement. On peut très bien avoir un travail alimentaire et exercer une passion à côté ou bien avoir une activité issue de ses études (juriste) cumulée à une activité à laquelle on s’est formé une fois adulte (menuiserie). L’occasion de rappeler que l’école et le travail ne sont pas nécessairement une corvée et que la formation ne s’arrête pas à la fin de la scolarité mais peut se poursuivre toute sa vie.

 

Ne pas hiérarchiser le « travail » et le « plaisir »

D’après les concepts issus du courant de la psychogénéalogie et appliqués à la vie professionnelle, la vision que les individus ont du monde du travail est fortement impactée par les métiers exercés par les générations antérieures et surtout par la manière dont celles-ci en ont parlé. Exercer plusieurs activités peut ainsi être l’occasion de transmettre une vision positive du travail à vos enfants. Attention donc à ne pas hiérarchiser inconsciemment vos activités en fonction de la valeur « sociale » que vous pensez y être attribuée. C’est le constat qu’a fait Mike avec son fils de 5 ans : « Quand je partais donner mes cours de kick boxing (après ma journée où je suis facteur), mon fils me disait toujours « tu vas partir t’amuser maintenant ! ». Pendant longtemps je lui ai répondu « oui » avec un grand sourire. Et puis un jour je me suis rendu compte que lui envoyais indirectement un mauvais message. J’adore mon métier de facteur, la plupart du temps je m’y amuse beaucoup et enseigner le kick boxing n’est pas un jeu, c’est un vrai métier qui demande une formation et qui me rapporte de l’argent. Maintenant, certains matins quand je le dépose à l’école je lui dis « je pars m’amuser, à ce soir !» ».

 

C’est quoi ton travail maman ?

Si l’on en croit les statistiques du slashing, « c’est quoi ton travail papa ? » est en réalité plus souvent « c’est quoi ton travail maman ? ». Si l’on ajoute au cumul d’emploi la nécessaire alternance avec des périodes de congé maternité liées aux grossesses, la vision que les enfants peuvent avoir de l’activité de leur parent peut être très floue : « Quand j’ai repris mon activité de consultante, mon fils ne comprenait rien. Je sortais d’un congé maternité de 4 mois pour sa sœur et, voyant que je continuais à le chercher le soir et à « rester à la maison », il s’imaginait que je ne travaillais pas. Quand j’ai commencé à donner des formations en plus deux fois par semaine, il s’est mis à me dire : « aujourd’hui tu travailles, t’as mis des talons ». », témoigne Léna.  Les enfants sont très sensibles aux codes sociaux et très attentifs aux signes extérieurs. Ils sont capables de citer dans une classe les enfants dont les parents travaillent ou non, du moins ils le croient. Tel papa est toujours là à 16h30, telle maman vient en jogging chaque matin, la nounou ne vient qu’une fois par semaine, etc. » Finalement avoir un enfant scolarisé chez soi, c’est comme avoir le regard « normal » de la société en miniature. Pas étonnant qu’il « range » ses parents dans les catégories principales qu’il a repérées. A vous de lui expliquer les spécificités de votre activité « je reste à la maison, mais je travaille », « quand je mets mes baskets je pars à mon premier travail où je conseille les gens, quand je mets des talons je pars à mon deuxième travail de maîtresse pour adulte »…

La vérité sort de la bouche des enfants

L’essentiel est donc de bien communiquer sur la réalité de votre situation et de ne pas éclipser une partie de votre complexe tableau. Les enfants sont bien plus aptes que nous à absorber la complexité du réel puisqu’il se construit au jour le jour sous leurs yeux. Laissez-leur formuler à leur propre sauce ce qu’ils comprennent de votre cumul d’emplois. Qui sait, ils trouveront peut-être enfin, avec leur fraîcheur d’enfant, la dénomination qui vous convient parfaitement. « Ah, en fait tu es distributeur ! ( ?) De lettres et de coups.»

 

Pour aller plus loin

Dossier spécial Pomme d’Api « Comment parler de son travail à son enfant ? »

Post Author: La rédaction

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